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Travaux

Daniel Quesney « Neschers : méthodologie pour un état des lieux photographiques »

12 h 00 min , 25 mai 2005 article, exposition 0
Daniel Quesney

Neschers - transphotographiques 2005 - Daniel QuesneyDaniel Quesney est préoccupé par la représentation du paysage et la dimension esthétique que peut en proposer la photographie. Depuis 1999, il dirige l’agence Paysage(s), qui diffuse les travaux d’une quarantaine de photographes. Il était auparavant directeur artistique de l’Observatoire photographique du paysage (1993-1998). Ce service du ministère de l’Environnement mesure, à partir de photographies, les transformations paysagères. Chaque nouvelle photographie doit respecter les conditions des prises de vue d’origine : point de vue, cadrage, saison, lumière et heure. Le terme reconduction est inventé pour désigner un procédé, que Daniel Quesney continue à explorer.
Dans le cadre de l’Observatoire, il s’appuie sur les photographies réalisées entre 1880 et 1910 par les services départementaux de restauration des terrains de montagne, qui avaient pour but d’observer la reforestation. Dans le livre, Miroirs, reconstitution photographique (2001), il montre en vis à vis les photographies d’Eugène Atget, des parc de Versailles, Saint-Cloud et Sceaux prises au début du Xxe siècle, et celles qu’il a réalisées depuis les mêmes points de vue. En 2005 et sur le même principe, il publie, à partir de cartes postales anciennes, Retour à Paris, les mêmes lieux photographiés d’un siècle à l’autre.
Les photographies exposées à la maison folie de Moulins (Lille) marquent une autre étape dans la réflexion de Daniel Quesney. Elles ont été réalisées dans le but de dresser un état des lieux complet d’un site : un village d’Auvergne d’environ 600 habitants, situé à 25kms de Clermont-Ferrand.  » Bien que marqué par la faillite agricole, ce village n’est pas irrémédiablement dénaturé, pas plus qu’il n’est muséifié comme beaucoup de villages de France. La méthode, poursuit Daniel Quesney, repose sur l’exploitation et l’amplification du principe de captation d’indices du procédé photographique qui a pour qualité d’enregistrer toutes choses, sans hiérarchie, avec une acuité et une précision supérieure à la vision humaine. Les prises de vue sont effectuées soit de façon classique, en choisissant les points de vues, soit de façon automatique, en opérant un quadrillage systématique. Il en découle un processus de révélation par l’image, qui rend visible des états, des mécanismes de transformations, qui ne l’étaient pas jusqu’alors. « 

A.M.

Exposition du 25 mai au 25 juin « Neschers : méthodologie pour un état des lieux photographiques »
à la Maison Folie de Moulins – 47/49, rue d’Arras (Métro Porte de Douai) – Lille
Officiel des Transphotographiques 2005